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Baudelaire

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Ga-L
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Age : 28
Inscrit le : 20 Fév 2007
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Ven 4 Mai 2007 - 16:14

Ce topic est vraiment intéressant.

J'aime beaucoup Charles Baudelaire, j'ai même lu sa biographie, alors que je n'aime pas trop ça, les biographies.

Je voudrais quand même rappeler que si Baudelaire est fascinant par ses poèmes de spleen, il a su aussi écrire de très beaux poèmes.
A une passante, notamment.

On a tous ressenti ça à un moment donné de notre vie, les rencontres furtives, les regards appuyés, la certitude qu'on aurait pu l'aimer si la vie avait été différente, y penser souvent, même longtemps après. Et savoir que l'autre a aussi ressenti quelque chose de fort, par le dernier vers, que je n'ai jamais oublié : "O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais."

A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais.
_________________
Je lis Les Caractères de La Bruyere
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goloumine
Lecteur débutant
Lecteur débutant



Age : 26
Inscrit le : 03 Aoû 2008
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Localisation : charente maritime

MessageSujet: Re: Baudelaire   Dim 3 Aoû 2008 - 13:42

Moi mon préféré de Baudelaire c'est spleen:


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

_________________
http://lecrocus.canalblog.com
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Baudelaire

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