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Baudelaire

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Fred
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MessageSujet: Baudelaire   Ven 5 Nov 2004 - 16:52

Un de mes poèmes préférés :
Il est cru, réaliste et nous ramène à l'éphémére de la beauté.
Dont acte profitons de toutes nos beautés en ne perdant pas de vue leur triste futur :




UNE CHAROGNE

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !


Charles Baudelaire (les fleurs du mal)

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MessageSujet: Re: Baudelaire   Ven 5 Nov 2004 - 20:01

Le sentiment que je ressens en lisant ce poème ? Etrange…à cause du mélange de l’horreur que Baudelaire nous rappelle et l’écriture magnifique.

On est loin de l’idéalisation de la femme telle qu’elle pouvait l’être dans la poésie courtoise du moyen âge ! Ici elle devient, et pas seulement elle mais tout ce qui est vivant, un être en continuel décomposition. Charmant non?
On sent bien l’héritage du Romantisme chez Baudelaire !

Et la langue est tellement belle! Quand on lit la deuxième strophe, certes le contenu est cru comme tu l’as fait remarquer Fred, mais cette façon typiquement 19ème d’utiliser les mots font qu’on oubli un moment le contenu pour ne profiter que de la musique du texte…

Mais comment ne pas aimer tous les poètes de cette époque ? Baudelaire bien sur, mais aussi Hugo, Rimbaud, Verlaine…

Bref…je conseille vraiment à tous de lire le recueil d’où est extrait ce poème : Les fleurs du mal.
Et si vous le pouvez, faite le à voix haute!
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JFK
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MessageSujet: la charogne...   Mer 22 Déc 2004 - 22:24

Je me rapelle bien de ce fichu poème, je l'avais employé pour illustrer ma haine envers Baudelaire dans une dissert.


Franchement je le trouve très malsain, comme une grande partie de l'oeuvre de Baudelaire, qui malgré une maîtrise totale de la poésie, se complait dans l'horreur un peu trop facilement à mon gout.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mer 22 Déc 2004 - 22:48

Tu y vas un peu fort …"fichu" n’est certainement pas un adjectif qui convient à une telle œuvre. Tu peux ne pas avoir aimé, mais de là à dire qu’il est mal fait ! Et puis ça ne suit pas trop avec ce que tu dis après :
"Malgré une maîtrise totale de la poésie".

Et ce poème n’est pas malsain, il l’aurait été s’il était question de décrire des horreurs, et ceci sans but, juste pour le plaisir, or ce n’est pas le cas ici.

Et puis je ne pense pas qu’il se complait dans l’horreur ! Pour toi dire une vérité c’est s’y complaire ? C’est sûr que lire ce genre de poème n’est pas agréable, il ne parle pas de jolis papillons et de fleurs, et alors ? Si je parle de guerre ça signifie que j’aime la guerre ? Un peu réducteur comme vision de Baudelaire je trouve…
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mer 22 Déc 2004 - 23:21

Bon, j'ai beaucoup de peine avec les romantiques qui se plaignent de tou alors qu'en même temps les gens bossent 12h par jour à la mine.

Dire les choses comme elles sont est louable, certes. Mais hors littérature, je diras que la série Band of Brothers remplit à merveille cette focntion (comme cette nouvelle tendance des films de guerre), où l'on voit les horreurs de la guerre, mais tout en sentant clairement que c'est justement pour dénoncer ces horreurs qu'on les montre tel qu'elles sont.

Et je trouve que chez Baudelaire, il n'écrit pas les horreurs pour les dénoncer. Il y a une certaine apologie du laid et du mal (ça on le voit aussi dans le titre), ce qui par exemple n'a rien d'un roman réaliste (est-ce comparable?) ou Zola par exemple décrit une situation avec le plus grand...réalisme possible, sans pour autant amener cette situation réelle à un niveau artistique qui peut nous faire penser que ce qu'il dit est beau.

Je n'arrive pas à voir où il veut en venir en écrivant des choses pareilles...
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 23 Déc 2004 - 0:01

Citation:
Bon, j'ai beaucoup de peine avec les romantiques qui se plaignent de tou alors qu'en même temps les gens bossent 12h par jour à la mine.

Oui mais si on commence comme ça…un poète n’aurait pas le droit de se plaindre du temps qui passe sous prétexte que des gens près de lui crèvent de faim ? Il faut relativiser un peu. Et puis les romantiques ne se "plaignaient" pas pour rien, je ne vais pas faire un cours ici, mais à l’origine de ce mouvement viennent de nombreuses désillusions. Victor Hugo était un romantique, et c’était un auteur engagé, ses œuvres ne se limitent certainement pas à un musée des horreurs, idem pour Stendhal et d’autres encore.


Citation:
Et je trouve que chez Baudelaire, il n'écrit pas les horreurs pour les dénoncer.

Difficile de dénoncer la mort. Car c’est de cela qu’il s’agit. Il fait un constat, et nous le balance en pleine face. Après c’est sûr que ça peut déranger.


Citation:
Il y a une certaine apologie du laid et du mal (ça on le voit aussi dans le titre)

Je ne connais pas assez Baudelaire pour en discuter, mais ce n’est pas l’impression que j’ai eu en lisant ce poème. Et je crois que le problème vient du fait que souvent les gens confondent le beau et l’agréable.

Citation:
, ce qui par exemple n'a rien d'un roman réaliste (est-ce comparable?) ou Zola par exemple décrit une situation avec le plus grand...réalisme possible, sans pour autant amener cette situation réelle à un niveau artistique qui peut nous faire penser que ce qu'il dit est beau.

Sa description de la mort n’est pas réaliste ? Moi je trouve que si. Après pour ce qui est du beau, je ne pense pas que le but de Baudelaire était de nous faire croire que la mort était belle. Par contre nous montrer la beauté des mots, de la langue, là oui.
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shenzy
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 23 Déc 2004 - 0:18

Baudelaire a toulours eu une façon de montrer les choses tout en contraste ,on part toujours de deux extremes ,l'apologie du laid pour faire ressortir le beau encore plus beau.
Mais il n'est pas le seul a avoir ecrit comme ça ,voir Boris Vian ,rimbaud,Verlaine.ILne faut pas se limiter au mots mais en extraire le sens et la valeur et Baudelaire prend toujours des mots trés fort pour mieux en extraire le sens.
Mais ce qu'il a fait n'est pas nouveau Ronsard l'avait fait à sa façon dans "Quand vous serez bien vieille" et Corneille l'a fait aussi daans "stance" pour la comédienne Marquise Du Parc .(je vous le met):

Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront;
Il saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits:
On m'a vu ce que vous êtes;
Vous serez ce que je suis.

Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.

Vous en avez qu'on adore,
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise:
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise
Quand il est fait comme moi.

pour la petite histoire Racine qui était plus jeune que Corneille ,la courtisait a ce moment la et Marquise aurait répondu à Corneille:
"Peut être je serai vieille,
cependant j'ai vingt-six ans,mon vieux Corneille, et je t'emmerde en attendant."

c'est les ravages du temps ...ceuillez des aujourd'hui les roses....
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"Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu'au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon"

Alfred de Vigny
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JFK
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MessageSujet: suite du débat...   Jeu 23 Déc 2004 - 0:22

Citation:
Oui mais si on commence comme ça…un poète n’aurait pas le droit de se plaindre du temps qui passe sous prétexte que des gens près de lui crèvent de faim ? Il faut relativiser un peu


Ce que je veux dire, ce'st que les romantiques ont une fâcheuse tendance à mettre tous les malheurs du monde sur leur dos...et que franchement, c'est très très égoïste. Maintenant oui un poète a le droit de se plaindre...mais quand un poète se plaint, on a l'impression que c'est le type le plus malheureux du monde, qu'il lui arrive que des misères. Et franchement, si il a le temps d'écrire ses misères au monde et même de penser à ces problèmes, c'est parce qu'il a le temps de faire ça. Je critique chez les auteurs romantiques (mais aussi chez les autres artistes) un égocentrisme omniprésent qui tend à tout ramener vers eux, alors qu'il y a des choses un peux plus importantes.

Citation:
Il fait un constat, et nous le balance en pleine face. Après c’est sûr que ça peut déranger.


C'est un constat, oui. Mais un constat en général ne fait pas l'apologie de son objet. Si tu costate una ccidnet, tu vas pas dire "les flammes d'un rouge vif s'élevaient poètiquement audessus de la carcasse embrassée de la voiture. On pouvait d'ailleurs y voir une personne calcinée qui était délicatement assise, les yeux exorbités d'horreur"....
Constater, oui. Mais pas glorifier ce constat

Citation:
Et je crois que le problème vient du fait que souvent les gens confondent le beau et l’agréable.


En général, le beau n'est pas désagréable, car sinon ça serait un peu contradictoire. Mais ce queje voulais dire dans mon message d'avant. Il montre une charogne dans le cas qui nous concerne et en fait une oeuvre d'art. Il veut montrer qu'il y a de la beauté dans l'horreur.

Citation:
Sa description de la mort n’est pas réaliste ? Moi je trouve que si.


Je n'ai pas dit le contraie, mais un écrivain réaliste s'arrête à décrire les faits (idéalement), comme ferait un biologiste qui observe la nature.

Citation:
je ne pense pas que le but de Baudelaire était de nous faire croire que la mort était belle. Par contre nous montrer la beauté des mots, de la langue, là oui.


Il y a tout de même une certaine beauté dans le fait que la mort est là, du moins comme il nous le présente. Outre la beauté des mots et de la langue (que je ne conteste pas chez lui, je l'ai dàjà dit), il se dégage de ce poème un sentiment malsain car en lisant comme ça, la charogne n'inspire pas que le dégout.
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Alinoé
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 23 Déc 2004 - 10:32

Je me dois de réagir aux différents posts.
1. Ne pas mettre tous les romantiques dans le même sac. Il ne faut pas oublier le rôle politique de Victor Hogo et de George Sand. Cette dernière a beaucoup oeuvré contre les inégalités sociales et pour les femmes. Ces romans dénoncent des injustices et des atrocités. Par exemple dans Consuelo elle dénonce les procédés utilisés dans l'armée de Frédéric de Prusse. Dans Fanchette elle dénonce ce qui est fait à une orpheline simplette (à partir d'un fait réel). Elle fait découvrir les paysans poètes...etc. Et dans son oeuvre elle ne s'appitoie pas sur son sort, mais sur le sort de ses personnages, souvent issus du peuple.
2. Ne pas oublier de replacer l'oeuvre d'un auteur dans le contexte de son époque.
3. Je comprend parfaitement que le poème de Baudelaire choque JFK, et le mette mal à l'aise. C'est pourquoi, je pense il le qualifie de malsain. De plus il est vrai que Baudelaire buvait, se drogait et c'est alors qu'il écrivait ses poèmes, d'où le nom de fleurs du mal. Il se considérait comme maudit. De nos jours, il aurait suivi une thérapie et basta ! (je plaisante). J'aime la plupart de ses poèmes, amsi je ne suis pas sure que j'apprécie l'homme, il disait qu'aimer une femme intelligente c'est être pédérastre. Certes, il faut replacer cela dans son époque, mais quand même...
4. Par contre pour ce qui est de la discussion sur le Beau, je pense que vous devriez lire les ouvrages de Beaudelaire où il définit ce que signifie ce concept. Il a été critique d'art, de peinture en particulier. A son époque, la Beauté n'était pas quelque chose de subjectif comme elle l'est pour nous, mais pour atteindre la Beauté, il fallait respecter un certains nombres de critères. Bon, je ne suis absolument pas une spécialiste, mais je pense qu'on ne peut pas juger son oeuvre, en particulier sur le point de la beauté, sans comprendre ce que représentait la Beauté au XIX siècle.
5. Pour vous réconcilier voici un poème qui évoque à la fin la dure condition des marins.

L'homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables!

_________________
Venez m'affronter
Lectures à venir Claudie Gallay, Sylvie Aymard, Yveline Rey, Fabrice Vigne, Hubert Mingarelli, Annie Saumont, Abdelkader Djemaï, etc, j'ai l'embarras du choix.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 23 Déc 2004 - 12:38

Alinoé a écrit:
Je me dois de réagir aux différents posts.
1. Ne pas mettre tous les romantiques dans le même sac. Il ne faut pas oublier le rôle politique de Victor Hogo et de George Sand. Cette dernière a beaucoup oeuvré contre les inégalités sociales et pour les femmes. Ces romans dénoncent des injustices et des atrocités. Par exemple dans Consuelo elle dénonce les procédés utilisés dans l'armée de Frédéric de Prusse. Dans Fanchette elle dénonce ce qui est fait à une orpheline simplette (à partir d'un fait réel). Elle fait découvrir les paysans poètes...etc. Et dans son oeuvre elle ne s'appitoie pas sur son sort, mais sur le sort de ses personnages, souvent issus du peuple.


Je parlais d'une manière générale... et Hugo en a aussi fait, des poèmes "romanticodégoulinants" (pour reprendre l'expression de mon ancien prof de Français), Mais ce qui m'a le plus marqué chez Hugo, c'est pas ses poèmes justement, mais ses oeuvres "engagées" comme par exemple l'excellent Dernier jour d'un condamné.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Jeu 23 Déc 2004 - 13:04

Je vais faire très rapide (préparatifs de Noël obligent ^^). Je viendrai peut-être éditer par la suite...

Baudelaire / Romantisme:

Baudelaire n'est pas un romantique. Son écriture en a hérité quelques aspects c'est tout. Je dirai plutôt qu'il est symbolique influencé par le romantisme. Mais comme je l'ai dit je ne suis pas une spécialiste de Baudelaire, si quelqu'un connaît mieux j'aimerais beaucoup avoir son avis. Donc critiquer le Romantisme à travers un poème de Baudelaire…ce n’est peut-être pas le meilleur exemple.

Romantisme / « égocentrisme » :

Oui je crois que je vais vraiment devoir venir éditer plus tard. Il y a des causes qui ont donné naissance à ce mouvement. Ce n’est pas que par rapport aux états d’âmes des auteurs ! A l’origine, il y a les désillusions dont j’ai parlé, un mal être que ressentait la plupart des peuples européens à l’époque (et merci Alinoé d’avoir montré que ce mal être ne vient pas d’un simple ennuie de la vie…).



Le beau / l'agréable:


Tu trouves que ce que j'ai écrit est contradictoire? Moi non. Pour simplifier, l'agréable fait appel à nos sens, le beau à notre raison. Le beau peut être agréable, et inversement, mais pas nécessairement. Mais je crois que cette réflexion aura plus sa place dans la partie philo du forum...
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MessageSujet: réponse bis   Jeu 23 Déc 2004 - 13:43

Citation:
Baudelaire n'est pas un romantique.

Il considérait qu'il n'en était pas un...mais pourtant il l'est bien. Voici une petite citation tirée d'un livre de littérature (par contre j'ai pas la source Crying or Very sad )
Citation:
Le romantisme imprègne en profonderu la sensibilité et l'oeuvre de Baudelaire [...] Il n'en reste pas moin vrai que la prééminence accordée à la vie intérieure est un principe fondamental du romantisme auquel Baudelaire adhère profondément et auquel sont liés le culte de la rêverie, la soif de spiritualité, la valeur accordée é l'imagination et l'expression du Moi, c'est à dire le lyrisme



Citation:
l’origine, il y a les désillusions dont j’ai parlé, un mal être que ressentait la plupart des peuples européens à l’époque


Alors là je ne suis pas du tout d'accord. Oui c'est vrai que l'art qui vient de cette période est teinté de ce que tu dis...mais est-ce vraiment significatif d'un peuple? Quel pourcentage de la population était vraiment comme ça? On a cette impression car les écrits de l'époque disent cela, mais sont-ils vraiment caractéristiques de la vie à l'époque. Il ne faut pas oublier que de nos jours la situation a beaucoup changé . En Europe, l'éducation n'est pas si mal que ça et plus ou moins tout le monde peut écrire un poème pour dire son mal être...pendant la pépriode romantique seuls les gens aisés pouvaient "perdre" leur temps à écrire, les autres devaient travailler et n'avaient pas le emps de se soucier de ce mal de vivre.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Mar 28 Déc 2004 - 1:37

Citation:
Il considérait qu'il n'en était pas un...mais pourtant il l'est bien. Voici une petite citation tirée d'un livre de littérature (par contre j'ai pas la source )

Je savais bien que j'avais lu quelque part que Baudelaire n'était pas un Romantique...puisqu'il faut en venir à préciser nos sources, il s'agit de mon manuel de lycée (Itinéraires Littéraires, XIXe siècle, Hatier).
On y voit quelques influences du Romantisme, mais avec une cassure. Par contre pour le symbolisme je me suis peut-être trompée désolé. Je relirai tout ça et viendrai faire un petit résumé...

Et en ce qui concerne le romantisme en lui-même, je crois qu'il serait mieux de créer un topic pour ce sujet afin de ne pas trop dévier ici.
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MessageSujet: Re: Baudelaire   Lun 3 Jan 2005 - 23:39

Je ne résume pas toute la partie sur Baudelaire du livre que j’ai cité plus haut, car la loi sur les droits d’auteurs l’interdit. Je parlerai donc juste du parallèle avec le romantisme (en ne reprenant que quelques points). Par contre comme en général je n’aime pas trop prendre mes renseignements dans une seule source, si quelqu’un s’intéresse à ce sujet et qu’il a d’autres choses à dire il est le(a) bienvenu(e) o21

Les Fleurs du mal:

Baudelaire a hérité, du romantisme finissant, le goût du cynisme et du macabre.

Le mal, chez les romantiques (Hugo notamment), est associé au sombre, à l’informe et au hideux. La cassure vient de là : Baudelaire affirme qu’il existe une beauté propre au mal, "misère et beauté, déchéance et pureté se mêlent et fusionnent". Si Baudelaire fait l’apologie du laid d’après toi, ça ne vient donc pas des romantiques ^^

De plus, la composition de cette œuvre rompt avec la tradition romantique. Chez lui on ne trouve pas les étapes chronologiques d’une évolution intérieure, et l’ouvrage est divisé en 6 sections, de très inégales longueur, et les titres sont thématiques ("le vin", "la révolte", "tableaux parisiens").

Général:

Il y a des points communs entre les romantiques et Baudelaire, par exemple, une angoisse que l’on retrouve chez les romantiques (là je ne sais pas si c’est chez tous, à vérifier) : "le moi assiste, impuissant, à l’usure de sa substance, à la perte de sa vitalité…le temps est le grand facteur de destruction".

Mais on trouve aussi des différences, je donne ici un seul exemple :
Il y a un retour à la religion avec les romantiques, qu’on ne trouvait pas dans le classicisme. On retrouve ce thème dans l’écriture de Baudelaire, mais il n’est pas chrétien.
Citation:
"Je désire de tout cœur (avec quelle sincérité, personne ne peut le savoir que moi) croire qu’un être extérieur et invisible s’intéresse à ma destinée, mais comment faire pour le croire ?" (Lettre à sa mère, 1861).



Voilà pour le livre, vous comprendrez pourquoi d’autres sources seraient intéressantes….
Et puis du coup j’arrive encore moins à le situer, il semble faire partie d’une transition, et donc n’appartenir à aucun mouvement littéraire précis, si vous en savez plus ça me ferait plaisir que vous en parliez o13
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MessageSujet: baudelaire   Mar 4 Jan 2005 - 17:19

Baudelaire est un novateur dans le paysage de la poésie française car il fait passer un frisson nouveau. EN ça on ne peut pas dire qu’il soit un romantique.
Le romantisme à ce moment la ne survit plus que dans la créativité de Hugo. Pour en revenir au romantisme on peut dire qu’il a témoigné pour son époque ou plutôt contre son époque (l’effondrement de la monarchie,les espoirs et les horreurs de la révolution, le déclin de l’empire ).Il nous laisse à la place des bourgeois aisés qui comptent leurs sous assis sur un fauteuil Louis-Philippe .Le Romantisme français est marqué par les illusions,les regrets nostalgiques, les colères de la société préindustrielle,et il avant tout réaction de la sensibilité de l’artiste aux remous sociaux. Baudelaire est à certains égards le dernier des romantiques par l’image un peu théâtrale qu’il se fait de la place du poète dans la société. Tour à tour mage et maudit. Son univers est celui de la sensibilité .Il est le chaînon qui introduit ce qu’il appelle « la modernité » La poésie après lui ne sera plus la même Verlaine ne fera que reprendre la fascination et l’horreur du plaisir, l’incantation blasphématoire de Rimbaud et sa noire fureur de trouvé déjà chez Baudelaire. .IL est l’achèvement du romantisme et celui en qui une nouvelle ère commence. Son rôle de poète aura été de tirer parti de ce qu’il y a de contemporain, dans l’espoir, la révolte, et la transformation du monde.
Mais comme je l’ai dit plus haut il n’est ni l’inventeur de la poésie du pavé, ni des célébrations de la hideur,ni des méditations qui s’attardent férocement devant les images de vieillesse ,de déchéances,des charognes et des squelettes car tout le moyen age et les baroques du XVIé et XVIIè s’y sont adonnés avec plus ou moins de bonheur .
Par contre chez Baudelaire le contexte personnel (les blessures de l’enfance,l’angoisse charnelle,)et le contexte environnemental(villes en expansion,industrialisation,) tout ça lié a l’usage de drogues crée ce qu’on appelle l’inconfort spirituel humain et que Baudelaire a nommé le Spleen .Pourtant le spleen n’est pas nouveau ,il était appelé différemment (plus communément l’ennui) mais chez Baudelaire il est l’expression du désespoir propre a la civilisation urbaine des temps moderne. Il mélange le désir et l’horreur, le luxe et la déchéance…
Maintenant il faut voir que ce que nous lisons nous n’est plus nouveauté parce que nous avons évolué dans ce monde industrialisé, nous avons accommodé notre œil a ce qui fait le paysage poétique Baudelairien contrairement aux critiques de l’époque qui crièrent au scandale devant les fleurs du mal depuis d’autres sont allés plus loin que lui.
J’ai lu un truc qui dit que les parfums et les poisons de Baudelaire se sont éventés, ses squelettes se sont empoussiérés, ses blasphèmes ont été recouverts par d’autres blasphèmes et que son spleen nous parait aujourd’hui « au même titre que le mal du siècle romantique, un désespoir confortable pour époque tranquilles » c’est un résumé de ce que dit JFK. Mais la richesse de Baudelaire est le témoignage d’un homme, face à l’indifférence du monde, à l’insaisissable splendeur des choses désirées, aux biens qui se sont enfuis et à ceux que nous n’atteindrons pas, au mal mystérieux qui ronge et détruit la vie

Edit'Linda: Merci beaucoup Shenzy, j'ai trouvé ton post très intérressant o21
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"Après avoir étudié la condition des femmes dans tous les temps et dans tous les pays, je suis arrivé à la conclusion qu'au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur dire pardon"

Alfred de Vigny
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Baudelaire

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