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 Julien Gracq

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kakkhara
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MessageSujet: Julien Gracq   Jeu 9 Nov 2006 - 2:03

Un topic sur cet écrivain étrange, marginal en butte aux honneurs et à la célébrité, critique d'une littérature selon lui courant à sa propre déchéance par la profusion médiatique l'accompagnant de plus en plus.

Ecrivain atypique, qu'on peut qualifier très imparfaitement de tenant de le veine symboliste et fantastique, inspiré directement du romantisme dans ses idéaux de nostalgie, mais d'un romantisme empreint de mysticisme, il écrit à partir de 1938 jusqu'en 1992.

Je n'ai pas lu grand chose de son oeuvre, mais ce que j'en ai lu m'aurait fait le classer dans la rubrique fantastique, pour le halo mystique qui entoure les oeuvres que j'ai lu de lui.

Au Chateau d'Argol : Il s'agit de sa première oeuvre, une nouvelle fantastique dans la plus pure lignée du fantastique noir. En fait c'est du fantastique dans la mesure où ce qui se passe est étrange et non impossible, mais c'est décrit avec tant de détails qu'on visualise à un tel point la scène qu'il faut attendre que Gracq nous montre du doigt les étrangetés en les expliquant pour qu'on se rende compte qu'il y'avait quelque chose qui n'était pas très logique. Ceci renforcé par le fait qu'il ny a aucune transition entre pensée de personnages et narration. ce qui déconcerte à tous les coups. C'est un étalage de figures stylistiques pour un style surchargé de tout ce qui pourrait rendre le récit le plus beau et le plus poétique possible, ce qui fait que (en ce qui me concerne c'est en tout cas mon impression) il y'a malheureusement une certaine lourdeur de style, surtout dans les descritpions qui sont la majeure partie de l'oeuvre.

Pour l'histoire elle est excessivement minimaliste donc ce n'est vraiment pas ce qui importe : Albert vient d'acheter un chateau au fin fond d'un trou paumé, qui je crois n'est nommé ou situé nulle part dans le récit, pas plus que d'ailleurs il me semble l'époque où se passe le récit. Il s'y rend en villégiature et là apprend la visite de son meilleur ami de toujours, Herminien. Mais, car il faut bien un mais perturbateur, quelqu'un accompagne herminien, un(e) certain(e) Heide (on ne sait pas au début même si on s'en doute, puisque Albert l'ignore, lui.)

==> Un livre court, intéressant, que parfois je trouve un peu lourd, mais c'est un avis personnel. N'empêche qu'il y'a des passages somptueux, notamment le dernier paragraphe, qui est vraiment sublime je trouve.

Le Rivage des Syrtes : Une oeuvre pour laquelle on a voulu primer Gracq au Goncourt (il a refusé). Il s'agit ici d'une oeuvre essentiellement romantique, non parce que c'est une histoire d'amour, d'ailleurs loin de là, mais plutôt une oeuvre exaltant l'aspect nationaliste, patriotique, et en quelque sorte naturellement mélancolique du romantisme. Bref l'idée romantique de la grandeur passée qu'on aimerait bien retrouver. Le "héros" est un jeune patricien de la seigneurie d'Orsenna, autrefois la capitale d'un gigantesque empire. Orsenna, toutefois, comme tous les grands empire, est éphémère, et la décadence commence au moment du récit à être très consommée. Le "héros", comme tous les jeunes patriciens à de telles époques (dixit gracq), s'ennuit ferme et il souhaite être muté à un endroit frontière. On lui assigne un poste à l'extrême frontière, une terre ingrate et dépréciée, les Syrtes. Il prend un titre obsolète mais tout de même honorifique et part s'établir aux Syrtes, où il est accueilli par un vieux capitaine dont la devise est de ne rien faire pour laisser les choses en place telles qu'elles sont. Mais notre "héros" est jeune et romantique, et quand on lui parle du Farghestan, rival d'Orsenna dont la guerre larvée dure depuis la déchéance des deux royaumes, qui est de l'autre côté de la mer intérieure qui borde les Syrtes, son sang ne fait qu'un tour.

Attention c'est un livre très très descriptif, entièrement symboliste, au point que ca en fait cliché, la peinture vivante d'un monde qui sombre dans la léthargie de l'impuissance face à la gangrène qui le ronge. Si j'ai mis tout le temps héros entre guillemets, c'est qu'en fait le véritable héros du livre est cet empire se reposant sur ses lauriers pour cacher sa propre déliquescence.

Le Roi pêcheur : Comme son nom l'indique il s'agit d'une réécriture du mythe du graal, mais non pas tant inspiré de Perceval ou la quête du Graal que du Parzival de Wolfram Von Eschanbach dont Wagner a tiré son opéra. En effet on tombe là directement en plein dans le mysticisme que semble affectionner Gracq pour le peu que j'en ai lu. Pour l'histoire, j'imagine qu'elle est connue, celle de Perceval, faisant la quête du Graal et tombant sur le chateau du roi pêcheur Amfortas. A noter que c'est une pièce de théâtre (enfin à voir étant donné que cela ne peux être mis en scène à ce que je me suis laissé dire). A noter que Perceval est ici encore plus un benêt si possible que dans les versions antérieures.

Voilà Julien Gracq a écrit pas mal d'autres oeuvres que je connais à peine de nom pour quelques unes d'entre elles,dont je n'ai jamais entendu parler pour la plupart des autres. Donc je m'arrête là momentanément du moins pour ce topic.
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Margot
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Dim 23 Déc 2007 - 15:21

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Margot
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MessageSujet: Re: Julien Gracq   Ven 22 Fév 2008 - 14:23

kakkhara a écrit:
Je n'ai pas lu grand chose de son oeuvre

Dit il en présentant 3 livres d'un coup ! Personnellement je ne connais que le rivages des Syrthes et je pensais - à tort - qu'il n'avait écrit que ça.
Donc j'ai lu le rivage des Syrthes présenté au dessus.
Effectivement on sent énormément le Romantisme grace à l'omniprésence de la nature (notamment la mer) et à l'exaltation des sentiments en pagaille - ce n'est pas péjoratif - J'ai même fait un parrallèle avec les illutrations de Gustave Doré des contes de Perrault (Edition folio plus classique). Bref j'ai projetté les gravures de Doré sur ce que je lisais.
On retrouve aussi comme dit dans le post de kakkhara l'ambiance fantastique. En effet à force d'attendre un évènement qui n'arrive pas le jeune homme fantasme... à certains moments on dirait presque des hallucinations ! J'ai ressenti l'angoisse de la solitude du personnage seul face à la mer et en pleine nature.
Par contre j'ai aussi fait un parralèle avec Pierre Michon Sacrilège (je pense que Julien Gracq doit se retourner dans sa tombe !! Donc oui j'ai fais un parralèlle sur les phrases trèèèèèèèèès longues, perso j'étais un peu paumé dans certaines phrases. Cela dit j'ai trouvé l'écriture beaucoup plus fluide et poétique. Il faut le lire à voix haute, c'est mieux.

Bien j'espère que ce post ne vous à pas assomé... je vous laisse je vais retourner faire des parrallèles à la noix k10
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Julien Gracq
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