AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Yasmina Khadra

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ga-L
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Nombre de messages : 253
Age : 37
Localisation : Région parisienne
Date d'inscription : 20/02/2007

MessageSujet: Yasmina Khadra   Mar 21 Oct 2008 - 19:31

Je suis retournée, comme je me l'étais promis, lire un Yasmina Khadra, cet écrivain algérien qui m'avait bouleversé avec L'Attentat.
Mon choix s'est porté sur Les Hirondelles de Kaboul, après bien des hésitations.



Résumé
Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

Extrait
Hormis celui de son épouse, Atiq n'a pas vu un seul visage de femme depuis plusieurs années. Il a même appris à vivre sans. Pour lui, (...) il n'y a que des fantômes, sans voix et sans attraits, qui traversent les rues sans effleurer les esprits ; des nuées d'hirondelles en décrépitude, bleues ou jaunâtres, souvent décolorées, en retard de plusieurs saisons, et qui rendent un son morne lorsqu'elles passent à proximité des hommes.

Incroyable ! Encore une fois, quelle force ! Une histoire d'amour dans un contexte si difficile, racontée dans une si belle écriture. C'est dur, parce que la vie en Afghanistan est plus que dure, et Yasmina Khadra ne prend pas de gants pour dire les choses. Mais il nous les dit avec tout son amour pour la langue française.
Décidemment, j'aime cet écrivain. Et je ne manquerai pas de vous donner mon avis sur ses autres livres. Je lui accorde à jamais sa place dans ma bibliothèque.
Il paraît qu'il fait souvent des dédicaces, j'espère pouvoir le rencontrer un jour.
Revenir en haut Aller en bas
Ga-L
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Nombre de messages : 253
Age : 37
Localisation : Région parisienne
Date d'inscription : 20/02/2007

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Jeu 26 Fév 2009 - 7:08

Les agneaux du Seigneur.



Résumé :
Ghachimat, paisible bourgade algérienne, va en quelques mois basculer dans la barbarie. Un enfant du pays, sorti de prison, revient à Ghachimat pour y introduire les idées des Frères Musulmans. L'irréversible métamorphose de doux agneaux en monstres sanguinaires est amorcée.
Si tu veux miser sur un monstre qui dure, choisis-le parmi les plus démunis.

Mon avis :
Ce roman de Yasmina Khadra ne m'a pas fait la même impression que Les Hirondelles de Kaboul, ou encore L'attentat. Je n'ai pas retrouvé sa pudeur pour dire les choses horribles, mais peut-être était-ce parce que cette fois le roman à pour cadre l'Algérie, pays natal de l'écrivain, et on est toujours plus dur avec son propre pays. De plus, il n'y avait pas non plus sa belle écriture, les belles phrases poétiques et touchantes. C'était une écriture plus directe, plus brute.
De plus, il y a beaucoup de monde dans Les Agneaux du Seigneur, et ce n'est pas facile de s'y retrouver entre tous les personnages.
On ne peut pas tout aimer. Je sais cependant que j'ai encore beaucoup de choses à découvrir sur cet écrivain, avec notamment son dernier livre, Ce que le jour doit à la nuit, qui a un joli succès en librairie actuellement.
Revenir en haut Aller en bas
méline
Stagiaire en bibliothèque
Stagiaire en bibliothèque
avatar

Nombre de messages : 66
Age : 39
Localisation : briançon
Date d'inscription : 28/11/2008

MessageSujet: Yasmina Khadra   Ven 20 Mar 2009 - 13:25

ce que le jour doit à la nuit

« Mon oncle me disait ; « Si une femme t'aimait, et si tu avais la
présence d'esprit de mesurer l'étendue de ce privilège, aucune divinité
ne t'arriverait à la cheville. » Oran retenait son souffle en ce
printemps 1962. La guerre engageait ses dernières folies. Je cherchais
Emilie. J'avais peur pour elle. J'avais besoin d'elle. Je l'aimais et
je revenais le lui prouver. Je me sentais en mesure de braver les
ouragans, les tonnerres, l'ensemble des anathèmes et les misères du
monde entier. » Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de
l'Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) une Algérie torrentielle,
passionnée et douloureuse et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue
splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation
atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays.

Ce que j'en pense

Je me suis régalée à la lecture de ce roman superbement écrit presque poétique.
On vit à travers les yeux et les émotions d'un jeune garçon confié à son oncle par son père qui, complètement désœuvré et misérable après la perte de ses terres n'arrive pas à s'occuper de toute sa famille. Younes va donc vivre dans une famille qui va lui offrir une bonne éducation et un métier plus tard.
Ce petit garçon puis cet adolescent puis cet homme va nous transporter dans son histoire et dans celle de l'Algérie avant, pendant et après la guerre.
On y rencontre l'amour, l'amitié et les joies et les déceptions que ces deux sentiments peuvent entraîner au cours de toute une vie.

C'est une histoire qui ne nous laisse pas indifférent même une fois le livre terminé.

Ce n'est pas le genre de livre que je lis habituellement car plutôt intéressée par les polars, mais ça m'a quand même émue et donné envie de lire d'autres livres de ce même auteur.
Revenir en haut Aller en bas
Ojascoj
desperate housewife
desperate housewife
avatar

Nombre de messages : 2271
Age : 43
Localisation : dans la petite enfance
Date d'inscription : 07/10/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Ven 1 Mai 2009 - 0:23

J'ai eu du mal à entrer dans ce livre car il est profondément triste et que je n'avais pas envie de ça en ce moment.
Mais la maîtrise parfaite de la langue, ce français aussi irréprochable de poétique m'a emporté dans cette Algérie d'après deuxième guerre mondiale, de fin de colonisation et de guerre d'indépendance.
Je ne peux cependant pas dire que j'ai adoré cette lecture. A cause de l'absence de moments heureux sans doute. Pourtant, une fois le livre refermé, je ne peux que me dire qu'en plus d'être très bien écrit, il est bien construit. Qu'il est cohérent, qu'il véhicule des tas d'idées, qu'il sait ré-écrire l'Histoire à l'aune d'une petite histoire.

Et le seul reproche qui perdure c'est le côté peut-être un peu conventionnel
Spoiler:
 
Mais c'est traité avec tellement d'humanité que je n'en suis pas sûre.
Revenir en haut Aller en bas
mu
Sorcière des haies
Sorcière des haies
avatar

Nombre de messages : 3593
Age : 31
Localisation : Le pays où l'ADSL n'existera jamais
Date d'inscription : 19/11/2004

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Mer 2 Sep 2009 - 18:51

Yasmina Khadra, tout comme Khaled Hosseini, a cette faculté de faire passer un message puissant en abordant des sujets délicats de façon romancée.

J'ai lu " Les hirondelles de Kaboul ", que dis-je ? J'ai dévoré ce roman. Rien que de lire les premières pages, on a envie de lire la suite, tellement la description de la désolation qu'est devenue Kaboul en particuliers et l'Afghanistan en général est écrite avec beaucoup de poésie. Je ne peux être que d'accord avec toi, Oj', quand tu dis
Citation :
je ne peux que me dire qu'en plus d'être très bien écrit, il est bien construit. Qu'il est cohérent, qu'il véhicule des tas d'idées, qu'il sait ré-écrire l'Histoire à l'aune d'une petite histoire.

D'ailleurs, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter d'autre.
Revenir en haut Aller en bas
Ojascoj
desperate housewife
desperate housewife
avatar

Nombre de messages : 2271
Age : 43
Localisation : dans la petite enfance
Date d'inscription : 07/10/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Jeu 29 Oct 2009 - 23:29

J'ai lu Les hirondelles de Kaboul et l'avis que j'ai sur l'auteur n'a pas changé. J'ai lu ce livre très vite et j'ai sans arrêt pensé à mille soleils splendides de K. Hosseini. Ils décrivent tous deux la même réalité afghane et si la vie là-bas ressemble vraiment à ça, je n'arrive pas à imaginer comment les hommes peuvent devenir ainsi !
Revenir en haut Aller en bas
Ga-L
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Nombre de messages : 253
Age : 37
Localisation : Région parisienne
Date d'inscription : 20/02/2007

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Ven 15 Jan 2010 - 20:46

Je viens de finir Ce que le jour doit a la nuit, et Y Khadra demeure mon auteur chéri.
En plein hiver, sous la neige et le froid, ce livre m'a transporté en Algérie, d'avant, pendant et après la guerre. Et j'ai vécu avec Younès.
De plus, comme pour les Agneaux du Seigneur, Y Khadra nous parle de son pays, et comme je l'avais dis précédemment, on n'est pas toujours tendre avec son propre pays. Je crois bien qu'il ne nous cache rien, sans être de parti pris.
Et puis j'ai adoré l'histoire d'amour raté avec Emilie, les regrets et les remords de ce qui n'a pas été dit, pas été fait.
Enfin, comme toujours, c'est très bien écrit, et c'est pour cela que j'aime Yasmina Khadra. Cela me donne envie de m'acheter le CD Audio pour qu'on me raconte encore cette belle histoire
Revenir en haut Aller en bas
Amelly
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Nombre de messages : 396
Age : 28
Localisation : Dans le néant cosmique du Yagadougou
Date d'inscription : 04/03/2006

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Ven 14 Mai 2010 - 21:15

C'est le 3e roman que je lis de Yasmina Khadra (Les Hirondelles de Kaboul), et j'aime toujours autant cet auteur ! Le début du livre est dur, dans le sens où on se demande comment des gens (et surtout les femmes!) arrivent à survivre dans un tel environnement, une telle mentalité. Ne pas pouvoir afficher de la complicité en public, et ce avec sa propre femme !! Moi qui ne suis pas féministe, la condition de la femme m'a faite HURLER !
Je rejoins Oj' et mu sur l'écriture de l'auteur ainsi que sur la force de ses descriptions. Je trouve qu'on peut tellement se mettre à la place des personnages, franchement à la lecture je me suis dis : ils doivent tous être dépressifs là-bas! Mais quelle horreur ! Et puis il le décrit si bien : tout espoir est mort.

Malgré la thématique peu réjouissante j'ai beaucoup aimé ce livre pour sa qualité esthétique, mais aussi parce que ça permet d'avoir des précisions sur la situation des civils sur place, nous qui ne savons de l'Afghanistan que ce que daignent nous montrer les JT (à savoir, plutôt les soldats américains que les afghans eux-mêmes...).
Revenir en haut Aller en bas
Amelly
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Nombre de messages : 396
Age : 28
Localisation : Dans le néant cosmique du Yagadougou
Date d'inscription : 04/03/2006

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Dim 10 Oct 2010 - 16:44

Me again, cette fois pour parler de L'Olympe des infortunes :


4e de couverture :

Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé " le Musicien " parce qu’il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s’initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu’à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu’une affection, souvent plus profonde qu’il n’y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d’ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s’avère alors bien illusoire. Immoraux, pourrissant dans leur déchéance, les personnages de ce récit n’en sont pas moins sublimes. À travers cette galerie de portraits bigarrés, se dégage une dimension symbolique où l’esprit de solidarité, le sens du compagnonnage qui règnent chez les Horr contrastent avec la violence et l’individualisme de la société moderne. Il fallait tout le talent de conteur de Khadra, et la splendeur imagée de sa langue, pour transformer le prosaïsme rebutant de l’univers des clochards en un monde hautement poétique, où l’onirisme surgit derrière les détritus. On l’aura compris, L’Olympe des Infortunes est une métaphore qui dénonce avec force la décadence de notre civilisation. Yasmina Khadra se pose en moraliste de notre temps et le constat qu’il livre n’est pas flatteur : les âmes perdues ne sont pas celles que l’on croit. Et l’enfer, lui, n’est jamais où on l’attend.

Mon avis :

Yasmina Khadra change de registre dans ce livre. Après la trilogie "terroriste" je dirais voilà que l'auteur traite le thème des SDFs, des laissé-pour-compte qui vivent dans une décharge et rejettent la société.
Je dois dire que déjà j'ai moins aimé le thème. Mais bon à la limite pourquoi pas, s'il le traite bien.
Pour enlever le mystère tout de suite, le livre ne m'a pas plu. 1èrement, j'ai trouvé l'histoire aussi inintéressante qu'invraissemblable. Yasmina Khadra accumule les clichés, ce qui m'a donné le sentiment que le livre se situait dans un entre-deux : entre le conte pour enfants et le roman pour adulte. Le jeune miséreux recueilli par un vieillard qui joue à la fois le rôle de mentor et celui de père, le personnage de Ben Adam

Spoiler:
 

c'est pas comme si on avait déjà lu ça 100 fois auparavant...
En plus quand on fait le bilan de l'histoire, force est de constater qu'il ne se passe pas grand chose et que la fin n'a même pas le mérite de marquer le retournement de situation que le lecteur attendrait.
2emement et dans le même ordre d'idée j'ai trouvé que Yasmina Khadra faisait aussi preuve de maladresse dans le style (ce qui ne m'était pas apparu dans ses autres livres je pars donc du principe que ce n'est pas le cas dans les autres). Il tente le pari risqué de retranscrire un langage argotique (que j'affectionne beaucoup par ailleurs) dans ses dialogues au sein d'une narration classique au langage soutenu. Je n'ai pu m'empêcher de penser aux futurs traducteurs à la lecture des 2 premières pages du roman. Ce pari est à mes yeux complètement loupé, je trouve les dialogues trop caricaturaux. Il manque à l'écriture de Yasmina Kadra un je-ne-sais-quoi dans ce livre qui rendrait le passage d'un niveau de langage à l'autre plus naturel. L'auteur forcit le trait et au final accumule clichés et maladresses tant au niveau de l'intrigue que du style.
J'espère qu'il s'agit d'une exception malheureuse au sein de son oeuvre que j'aime beaucoup par ailleurs.
Revenir en haut Aller en bas
Ojascoj
desperate housewife
desperate housewife
avatar

Nombre de messages : 2271
Age : 43
Localisation : dans la petite enfance
Date d'inscription : 07/10/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Dim 10 Oct 2010 - 21:01

Je partage ton avis sur ce livre.
J'ai trouvé aussi que ce livre n'apportait pas grand chose sur le sujet choisi et que c'est difficile de se projeter dans cet univers de marginaux.
Je n'ai pas eu le sentiment de désaccord entre les deux styles de langage mais c'est peut-être dû au fait que j'ai lu ce livre depuis un certain temps déjà.
C'est vrai qu'il est très décevant à côté de sa trilogie sur le terrorisme.
Revenir en haut Aller en bas
Amelly
Ecrivain
Ecrivain
avatar

Nombre de messages : 396
Age : 28
Localisation : Dans le néant cosmique du Yagadougou
Date d'inscription : 04/03/2006

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Mar 31 Mai 2011 - 23:34

Ce que le jour doit à la nuit


Présentation de l'éditeur :

Une promesse secrète et taboue, un amour impossible…
Le talent de conteur de Yasmina Khadra atteint ici sa dimension universelle.

Alors que Younes n’a que neuf ans, son père, paysan ruiné par un spéculateur autochtone, perd ses terres ancestrales. Accablé, l’homme doit se résoudre à confier son enfant à son frère, un pharmacien parfaitement intégré à la communauté pied-noir d’une petite ville de l’Oranais. Le sacrifice est immense. En abandonnant son fils, l’homme perd du même coup le respect de lui-même.
Mais les yeux bleus de Younes et son physique d’ange l’aident à se faire accepter par cette communauté aisée de province. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi de jeunes colons dont il devient l’inséparable camarade. Il découvre avec eux les joies de l’existence et partage leurs rêves d’adolescents privilégiés que ni la Seconde Guerre Mondiale ni les convulsions d’un nationalisme arabe en pleine expansion ne perturbent. Jusqu’au jour où revient au village Émilie, une jeune fille splendide qui va devenir la vestale de nos jeunes gens. Naîtra ainsi une grande histoire d’amour qui mettra à rude épreuve la complicité fraternelle des quatre garçons, écartelés entre la loyauté, l’égoïsme et la rancune que la guerre d’Indépendance va aggraver.
La révolte algérienne sera, pour Younes-Jonas, sanglante et fratricide. Il refusera de laisser détruire l’amitié exceptionnelle qui l’unit à ces jeunes pieds-noirs ; il ne pourra tourner le dos à cet oncle et à cette tante qui lui ont offert une vie meilleure ; mais jamais il n’acceptera non plus de renoncer aux valeurs inculquées par son père : la fierté, la déférence envers ses ancêtres et les coutumes de son peuple, le respect absolu de la parole donnée, et, ce, quitte à mettre en péril l’amour déchirant qu’il a pour Émilie.
Avec la verve romanesque qu’on lui connaît, Yasmina Khadra éclaire d’un nouveau jour ce conflit ayant opposé deux peuples amoureux d’un même pays. La grande originalité de cette saga qui se déroule de 1930 à nos jours repose sur une courageuse défense de cette double culture franco-algérienne que l’Histoire a, de part et d’autre, trop souvent cherché à renier.

Mon avis :

J'ai trouvé ce livre très inégal. Les 150 premières pages sont mal écrites, bourrées de clichés dignes d'un livre pour jeune public (jusque et y compris à la présentation de la bande d'amis). J'ai trouvé que l'intrigue était inintéressante et confuse jusqu'à ce que le protagoniste arrive à Rio Salado. Et là brusquement, à partir de la page 150 environ, un miracle se produit : l'histoire est prenante, le style moins lourd. J'ai eu le sentiment que tout ce qui précédait n'était pour Yasmina Khadra qu'une introduction, une mise en place fastidieuse de l'histoire proprement dite, celle qui l'intéressait vraiment : la vie de Younes à Rio Salado (sur le site de la maison d'édition Julliard figure une interview vidéo de Yasmina Khadra dans laquelle il explique son intérêt pour ce village).J'ai failli abandonner la lecture, je trouve que 150 pages pour démarrer c'est trop long. Mais je me suis accrochée par principe, et finalement je pense que j'ai bien fais. Rien que pour les histoires d'amour tragiques (cornéliennes !) ça valait le coup k10
Revenir en haut Aller en bas
Ojascoj
desperate housewife
desperate housewife
avatar

Nombre de messages : 2271
Age : 43
Localisation : dans la petite enfance
Date d'inscription : 07/10/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Mer 1 Juin 2011 - 10:31

Ton avis m'étonne. Je n'ai pas du tout le souvenir (mais ça fait longtemps que je l'ai lu) de ces 150 premières pages laborieuses et mal écrites. C'est le tout premier livre que j'ai lu de cet écrivain et il m'avait beaucoup plu. J'avais trouvé au contraire qu'il décrivait très bien la vie en Algérie et les espoirs des hommes balayés par les grands mouvements de l'Histoire.
Revenir en haut Aller en bas
Margot
Pimousse cassis
Pimousse cassis
avatar

Nombre de messages : 2309
Localisation : Con Quijote perdida en la Mancha
Date d'inscription : 18/02/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Sam 16 Juin 2012 - 16:04

J'ai lu également Ce que le jour doit à la nuit dans le cadre des cours je devais rédiger une présentation du livre. Je rejoins Amelly sur l'avis plutôt négatif. Par contre, j'ai au contraire accroché tout au long de la première partie mais après j'ai eu beaucoup de mal à poursuivre. Il évoque constamment des faits historiques majeurs, ayant eu des conséquences sur la France et L'Agérie mais il ne les évoque que par des détails. Parfois, on pourrait lui reprocher de ne pas plus développer ces mêmes faits de manière plus précise grâce, par exemple, à ses différents héros. En effet, au fil des pages il semble que le village de Rio Salado soit relativement épargné par les conflits et leurs conséquences : les personnages ne s'engagent pas ou peu -parfois contre leur gré- pour le sort de leur patrie ; ils l'observent et le subissent. Dans Ce que le jour doit à la nuit la grande histoire est au service de la fiction : l'écrivain accordant alors plus d'importance au quotidien du village et aux romances, offrant ainsi aux lecteurs, et aux personnages, une bouffée d'oxygène dans ce contexte pesant, prouvant aussi que la vie continue quoiqu'il advienne.

Un style entre puissance et faiblesse

La dimension quotidienne se reflète également dans le style : accessible grâce à la simplicité et sa brièveté. D'apparence on le croit inoffensif, en réalité il est percutant même violent, justement par cette même brièveté ; une écriture simple ne va pas forcement de paire avec l'insipidité du fond. A ce propos, on pourrait lui appliquer la citation de Guillaume Gallienne, sur le style de Camus : « […] la brièveté d'une phrase p[eut] raconter profondément quelque chose de large[...] ».
La puissance de l'écriture repose sur la mesure de la parole : l'auteur laisse une place importante à l'imagination du lecteur... à lui de décrypter les silences afin de poursuivre la réflexion amorcée par l'écrivain.
Ainsi, le roman se révèle d'une densité insoupçonnée car il explore, tout au long du livre, les relations humaines – sous leurs différentes formes : familiales, amicales, sociales ou amoureuses. Puis, progressivement il en vient à dresser parallèlement un panorama des relations complexes entre le Maghreb, l'Europe et les États-Unis. A partir de ce moment, la richesse informative, pourtant accrocheuse pendant une centaine de pages, finit par faire perdre au roman sa cohérence initiale ; en voulant relater 60 ans d'histoire-intime et collective- en 440 pages, il n'a pas réussit à éviter cet écueil. Alors, dans la seconde moitié du roman, le narrateur évoque les évènements de toutes les années, ceci même si elles sont superflues car elles ne font pas progresser l'intrigue. On se retrouve face à un canevas d'épisodes juxtaposés sans qu'on parvienne à établir un lien causal. Yasmina Khadra ne parvient pas à nous faire comprendre où il veut nous mener ; il est comme dépassé par sa propre entreprise. La seconde partie gagnerait à être condensée pour garder cette force originelle.
Le personnage de Younès adulte me tape sur les nerfs j'ai envie de le secouer en lui disant : "Mais bon sang" bouge fait quelques chose ! ". Je trouve que sa "non romance" est pesante, s'ils ne peuvent pas être ensemble alors pourquoi s’appesantir dessus.
Revenir en haut Aller en bas
Ojascoj
desperate housewife
desperate housewife
avatar

Nombre de messages : 2271
Age : 43
Localisation : dans la petite enfance
Date d'inscription : 07/10/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Lun 18 Juin 2012 - 22:33

Bonjour à tous,

ça fait longtemps que je n'ai pas poussé les portes du forum ! ET pourtant c'est bien quelque chose que je n'aurais jamais cru !
Enfin, j'ai eu l'alerte sur mon mail pour suivre la discussion sur Yasmina Khadra et je suis très impressionnée par ton analyse, Margot. Mine de rien, je vais écrire quelque chose qui va te faire bondir, attention n3 TU as gRANDI !
Ne le prends pas mal, c'est vraiment que je suis épatée par ce que tu écris.

Et puis je voulais aussi vous signaler la lecture du dernier livre de cet auteur : L'équation africaine.
Il raconte la vie bouleversée d'un médecin allemand qui se croyait sans histoire et qui part en Afrique avec son ami qui y fait de l'humanitaire pour se consoler du suicide de son épouse. S'il y a quelques raccourcis ou quelques traits un peu gros, j'ai été emportée par la description de l'Afrique, terre dure et sans pitié et par les rencontres qu'il y fait. Yasmina Khadra garde le sens de l'absurde de l'humanité et pointe du doigt (un peu appuyé c'est vrai) là où ça fait mal.
Bref, je vous recommande cette lecture.
Je m'en veux de ne pas avoir partagé mes autres lectures avec vous. Faudrait que je reprenne l'habitude. Mais ma vie s'est accélérée de manière exponentielle et je perds du temps pour le subsidiaire.
Je vous embrasse tous et j'espère que tout va pour le mieux dans vos vies respectives.
Revenir en haut Aller en bas
Margot
Pimousse cassis
Pimousse cassis
avatar

Nombre de messages : 2309
Localisation : Con Quijote perdida en la Mancha
Date d'inscription : 18/02/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Jeu 21 Juin 2012 - 20:35

Ooooooooooj' !!
:roi:

Merci c'est gentil ( bon j'avoue j'ai repris en partie ce que j'avais écrit sur mon compte rendu "académique ).
J'espère que tu vas revenir un petit peu quand même ! J'étais un peu inquiète de ne plus te voir ( même sans participer, tu passais régulièrement ). J'arrête le hors sujet mais je suis conteeeeeente !
Revenir en haut Aller en bas
Ojascoj
desperate housewife
desperate housewife
avatar

Nombre de messages : 2271
Age : 43
Localisation : dans la petite enfance
Date d'inscription : 07/10/2005

MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   Jeu 21 Juin 2012 - 23:45

C'est gentil Margot !
J'essaierai de passer plus régulièrement mais en ce moment je manque trop de temps pour tout.
Bisous
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Yasmina Khadra   

Revenir en haut Aller en bas
 
Yasmina Khadra
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Yasmina Khadra, un écrivain algérien
» LES HIRONDELLES DE KABOUL de Yasmina Khadra
» Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra
» L'EQUATION AFRICAINE de Yasmina Khadra
» Yasmina KHADRA (Algérie)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Forum Des Lecteurs :: Forum Livre :: Littérature générale (classification par époques) :: Littérature contemporaine-
Sauter vers: