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 Maurice Genevoix

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MessageSujet: Maurice Genevoix   Mer 2 Juin 2010 - 16:56

" La dernière Harde "


Quels fourmillements dans les mains, les jambes, dans l'esprit, que la lecture de ce livre épique.
L'esthétisme des phrases, où s'entremêlent les mots plus savoureux les uns que les autres : hallali, volcelest, rembucher et tant d'autres. On suit les fuites en avant du gibier, les sangliers, les cerfs, la harde en déroute, les branches basses cinglent nos jambes. Le souffle court par la déroute face à la meute déchaînée de chiens que les meneurs excitent et incitent à la capture. La beauté de la forêt, la cathédrale végétale ou évoluent la harde, et l'animal royal le cerf rouge, sacré& par l'homme, dont les aventures passionent le lecteur. Son enfance, sa captivité, sa chasse avec l'héroisme et l'intelligence de son être sauvage. Un livre païen dans son ode à la forêt gauloise, les hommes-chasseurs vivent à l'orée, les seuls humains qui travaillent la terre sont relégués au delà de la frontière de ronces et d'humus, ils cultivent le blé dans la plaine, se sont des hommes civilisés. Les chasseurs vivent à même la paille, s'éclairent à la bougie, vivent pour la chasse, en symbiose, amoureusement mêlés avec leurs chiens. Roman de chasse, mais où le sang est absent, pas de carnage sanguinolant, sauf à deux ou trois reprises, le but n'est pas là. L'ultime moment, se passe dans le regard que la bête et l'homme échangent. Il me revient, toute proportion gardée cette chanson de Michel Delpech, " Le Chasseur" et cette phrase " Avec mon fusil à la main, au fond de moi je me sentais un peu coupable ".
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MessageSujet: Re: Maurice Genevoix   Mer 2 Juin 2010 - 16:57

" Rémi des rauches "
Roman fleuve.

Rémi humble pêcheur des bords de Loire a une passion, se balader aux bords de Loire et taquiner le chevesne ou le gardon. Une grande amitié, filiale, le lie au père Jude. Figure tutellaire, mi homme des bois, mi chamane du fleuve. Rémi s'engage auprès d'un pêcheur professionnel pour une saison. Puis survient la grande innondation qui mettra en péril la population. Rémi n'écoutant que son courage portera assitance aux siens. Homme raisonnable, bon et ininterressé, Rémi rentrera dans un conflit avec son ami et employeur, puis fera la rencontre de Bertille qui le ménera à la ville. La grande Babylone, Orléans. Rémi ne sera jamais plus le même et surtout ne sera pas ce qu'il aurait du être.
Genevoix nous livre un récit dont il a le secret. Découpé en quatre parties distinctes. On aborde la vie d'un homme qui se laisse porter par le courant de la vie, qui est parfois agité comme Son fleuve, la Loire.
Car c'est lui le personnage principal. Le Fleuve qui nourrit, qui distrait, qui prend les vies et revient dans son lit, comme si de rien n'était. Et les hommes acceptant sa nature destructrice le réadoptent, et tombent sous le charme de ses caprices et des ses atours. Il s'agit du fleuve qui à l'instar du Nil, fait la vie des hommes, modèle leurs pensées et les emprisonne dans ses méandres. De très belles descriptions de la Loire sont tracées par Genevoix, ses couleurs, ses alentours, ses courants, enfin sa personnalité, comme une déesse. La loire des hommes, des petites gens, loin de la Loire des Rois et des châteaux. J'ai revu dans ces pages des scènes de pêche au petit matin brumeux, des gouttelettes en suspension dans l'air qui éffacent le contour des choses, le bruissement de la végétation qui signale une présence, le col remonté, hypnotisé par la lente dérive du bouchon dans le courant. Attention, il s'agit avant tout d'un roman sur les hommes et le Fleuve.
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MessageSujet: Re: Maurice Genevoix   Mer 2 Juin 2010 - 17:00

" La motte rouge "
Sanglar.

C'était un temps calamiteux et fort misérable, là où nous entraîne Maurice Genevoix. Le temps où les hommes guerroyaient rudement au nom de principes religieux. Des batailles rangées, des mercenaires soudards qui faisaient les gros bras au service du plus offrant. Les victimes, les populations traversées par ces zones de combats comme on dirait aujourd'hui.
Jourdaine sera la " victime "compatissante et complaisante d'un chef de guerre, le nommé Sanglar qui donna le titre originel du livre, et tout le roman tournera autour de ce fait. Quelles admirables pages de littérature que ce passage où tout bascule. La promiscuité avec l'acte est impressionnante, les sentiments transpirent au fil des pages qui sont à couper le souffle. Puis l'action suspend son intensité, plane même un peu pour reprendre de plus belle.
Genevoix nous livre un beau moment de littérature, les êtres dépeints représentent toute une palette d'attitudes, la couardise, le ressentiment, le courage, l'abnégation, la rudesse des hommes, et l'amour en dépit de tout. Les lieux sont dessinés avec virtuosité ainsi le village offrant une redoute à la population, les tavernes, les paysages des causses du Rouergue. Tout est dans le style Genevoix; Le chapitre final est magnifiquement amené et prendra chaque lecteur à revers.
La psychologie des protagonistes est méticuleusement mise en scène, et c'est là tout le talent de l'auteur qui parvient à laisser, je dirai même oblige son lecteur à poursuivre le travail d'imagination. Une belle plume au service d'une littérature admirable.
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MessageSujet: Re: Maurice Genevoix   Mer 2 Juin 2010 - 17:01

" Raboliot "
Exaltation de la nature.
Un Genevoix moins facile à aborder que certains autres. L'écriture y est plus pointue, plus ardue dans sa compréhension et sa musicalité. J'ai du me faire violence pour relancer la lecture. Le récit est magnifique et s'oriente avec art de l'obscurité de la forêt vers celle de l'âme. L'inexorable est présenté en filigrane pour aboutir à l'inéluctable. A l'heure où être au salon de l'agriculture semble être le summum de la ruralité ( que de conneries débitées par les médias), j'invite les pseudos ruraux à lire Genevoix, à mettre les bottes et venir se bauger avec les habitants des villages reculés de la France profonde. J'ai cru voir des gens de mon village tout au long du récit, des rugueux, taiseux, proche de la nature mais pas si terre à terre.
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MessageSujet: Re: Maurice Genevoix   Mer 2 Juin 2010 - 17:02

" La forêt perdue "
Onirisme cynégétique
Autant " La dernière harde" fait le récit de la beauté magnifiée des animaux et des hommes au sein de la forêt, autant " La forêt perdue" y ajoute une part de rêves, de légendes. La forêt perdue a été écrit 30 ans après la dernière harde, et pourtant. Un écho résonne au coeur des pages et se réverbère tout au long du récit. Le cerf, pivot central du roman, incarne par un charisme absolu le roi de la forêt. Les deux principaux protagonistes sont une résurgence bicéphale du Piqueux. Il y a cette course effrénée au sein de la forêt mystérieuse, idéalement incarnée par Waudru, sympathique personnage évanescent, qui confère au récit sa part d'onirisme. On l'imagine très bien au détour d'un hallier, le corps noueux, les jambes torses, les oreilles moussues proférant ses mises en gardes. Il y a Florie, incarnation du printemps et de la vie jaillissante qui s'épanouira en femme vertueuse, compréhensive de la nature, à l'opposé des mâles dominateurs aveuglés par leurs désirs.
Maurice Genevoix nous met en garde à la première ligne de la première page : " L'histoire que voici, je l'ai rêvée à partir d'un mot."
Et ce mot se dédouble, se déroule, se métamorphose en phrases d'une beauté subjuguante. Ce livre est un poème. Une histoire d'amour entre les mots et le lecteur. Le rythme est haletant, entreprenant, on suit les protagonistes avec enthousiasme dans les futaies, au travers des ronciers. On saigne avec eux, on retient son souffle, on est saisi par l'apparition soudaine de Waudru.
Impossible pour moi de faire une critique sans avoir le sentiment de trahir l'auteur. J'avais pris une claque il y a 15 ans avec " Zone érogène" de Djian. La deuxième vient d'arriver et cela fait 15 ans que je tends l'autre joue. Ce livre m'accompagnera encore longtemps, je pense le relire, ce que je n'ai jamais fait quant à présent pour aucun livre. Une merveille, un must, un vade-mecum, une bulle d'oxygène, un songe forestier toujours à portée de main...
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