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 L'Inceste - Christine Angot

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Amelly
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MessageSujet: L'Inceste - Christine Angot   Sam 31 Juil 2010 - 20:49

L'Inceste - Christine Angot


4e de couverture :

"Christine Angot va gagner. Parce qu'elle ne risque pas de plaire. Elle va trop vite, trop fort, trop loin, elle bouscule les formes, les cadres, les codes, elle en demande trop au lecteur. Elle vient d'avoir 40 ans, elle écrit depuis 15 ans et, en 8 livres (depuis 1990, car elle a mis 4 ans à faire publier son 1er roman), elle a enjambé la niaiserie fin de siècle. Elle n'est pas humaniste, elle a fait exploser le réalisme, la pseudo-littérature consensuelle, provocante ou faussement étrange, pour poser la seule question, la plus dérangeante : quel est le rapport d'un écrivain à la réalité ?"
Josyane Savigneau, Le Monde des Livres

Courte biographie de l'auteur (merci Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Christine_Angot ) :

Christine Angot, née Christine Schwartz le 7 février 1959 à Châteauroux (Indre), est un auteur français.

On classe souvent les textes d'Angot dans la catégorie « autofiction ». L'auteur refuse cette étiquette. Son œuvre se caractérise surtout par la présence récurrente du thème de l'inceste, le déploiement d'un discours qui met à l'épreuve les rapports entre la vérité et la fiction dans le roman autobiographique, en particulier par l'emploi du récit « métafictif»(racontant et commentant l'écriture, la lecture et la réception médiatique de ses textes).

Christine Angot s'efforce de sonder le rapport de la société à l'interdit fondamental de l'inceste mais aussi à la parole de l'écrivain sur la place publique, parole qu'elle dit performative (premières pages de Quitter la ville).

Bibliographie :

Romans
Vu du ciel - Gallimard - 1990
Not to be - Gallimard - 1991
Léonore, toujours - Pocket - 1994, rééd. Fayard 1997
Interview - Fayard - 1995
Les Autres - Stock - 1997
Sujet Angot - Fayard - 1998
L'Inceste - Stock - 1999
Quitter la ville - Le livre de poche - 2000
Pourquoi le Brésil ? - Stock - 2002
Peau d'âne, La Peur du lendemain - Stock - 2003
Les Désaxés - Stock - 2004
Une partie du cœur - Stock - 2004
Rendez-vous - Flammarion - 2006 - Prix de Flore 2006
Le marché des amants - Le Seuil - 2008

Pièces de théâtre :

Corps plongés dans un liquide (mise en lecture en 1992 et en 1996, publiée en 1998)
L'Usage de la vie (créée en 1997, Lyon, publiée en 1998) (prix Bernard Dort)
Nouvelle vague (mise en lecture en 1996, publiée en 1998)
Même si (monologue, créé en 1996, publié en 1998)
Arrêtons, arrêtez, arrête (danse/théâtre avec Mathilde Monnier, d'après Normalement, créée en 1997, Montpellier)
Mais aussi autre chose (créée en 1999, d'après Les autres, Sujet Angot et L'inceste, Paris)
La Fin de l'amour (créée en 2000, Marseille)
Normalement (monologue, créé en 2002, Paris, publié en 2001)
La Peur du lendemain (monologue, publié en 2001)
« Meinhof / Angot » (monologue, créé en 2001, à Zurich, publié en 2002)
La place du singe (danse/théâtre avec Mathilde Monnier, présentée en 2005 et en 2007, Avignon)

Mon avis :

Si vous avez lu ma critique du Marché des amants, vous savez que je n'ai pas apprécié cette lecture. Mais quand j'ai trouvé L'Inceste ( et Léonore toujours, dont je ferais un post quand je l'aurai lu) à un prix dérisoire devant l'entrée de la fac, je me suis dis que c'était l'occasion soit de confirmer mon jugement 1er, soit de faire justice à Christine Angot en la jugeant sur plusieurs de ses oeuvres (car juger un auteur sur un seul livre me paraît mince). Je suis contente de l'avoir fait, car même si cette lecture ne m'a pas (non plus) transcendée, j'ai trouvé qu'il y avait de bons éléments dans ce livre.

Alors pour resituer un peu le propos, la narratrice nous raconte en 3 mouvements une très courte période de sa vie (3 mois), pendant laquelle elle a été homosexuelle. Le 1er mouvement raconte cette histoire d'amour entre femmes, le 2e comment l'auteure a (suite à cela?) sombré dans une sorte de folie, puis enfin elle fait allusion au viol qu'elle a subit de la part de son père, comme cause supputée pour son homosexualité passagère et sa folie.
Comme l'indique la note biographique, le viol ainsi que d'autres éléments du livre sont de notoriété publique. Elle l'évoque dans plusieurs de ses livres.
Dans cette période de sa vie, Christine Angot est perturbée, et le style s'en ressent. D'un point de vue strictement littéraire je pense pouvoir dire que le livre est réussi. Le style rend à merveille la folie, l'incohérence de l'auteure : phrases agrammaticales, associations d'idées que le lecteur doit toujours s'évertuer à suivre...De ce point de vue là le pari est réussi. D'autres diront qu'elle a également eut le mérite de thématiser le problème de l'inceste (vraiment vécu) dans la littérature et par là même de tenter de lever un tabou.
Ce qui est également intéressant à mes yeux c'est que ce livre est un merveilleux cas d'école pour ceux qui s'intéressent à l'autofiction. Christine Angot a beau rejeter cette étiquette, c'est pourtant bien de cela qu'il s'agit ici (mélange fiction/réalité, et pas de mention "roman" ni sur la couverture, ni à l'intérieur du livre; pour faire vite). Par ailleurs, la note biographique parle d' "l'emploi du récit « métafictif»(racontant et commentant l'écriture, la lecture et la réception médiatique de ses textes)", et nous retrouvons en effet cet élément, pour moi très troublant en tant que lectrice, vers la fin du livre. Pour ceux qui étudient ou s'intéressent à la littérature, L'Inceste présente à mes yeux un exemple très intéressant au niveau de l'analyse textuelle; il y aurait beaucoup de choses à en dire.

En revanche du point de vue de l'histoire et du plaisir que l'on peut prendre à sa lecture, je serais un peu moins élogieuse. Il y a tout d'abord ce que j'évoquais plus haut : c'est pas agréable de lire près de 200 pages de phrases agrammaticales, où l'auteur saute parfois du coq à l'âne. Et puis franchement, au bout de 50 pages de description du conflit du couple, j'avais ma dose! Au bout d'un moment j'avais envie de les gifler ces 2 bonnes femmes, l'une plus tarée et capricieuse que l'autre. je t'aime / moi non plus / je t'aime plus non plus / eh ben moi si / je t'aime / moi non plus etc. Y'a un moment on voudrait pouvoir dire : STOP, c'est bon, j'ai compris. Mais Christine Angot ressasse sur une centaine de pages : la moitié m'aurait suffit.

Comme vous le voyez, un avis somme toute assez mitigé encore une fois.
Voici à titre de comparaison un avis pour le coup très défavorable à ce livre. Je vous le livre ici parce que bien que je partage ses arguments, je ne partage pas complètement ses conclusions. Il me semble que le livre ne peut pas être jugé aussi facilement qu'il le fait :

--> lien vers l'article : http://www.discordance.fr/l-inceste-christine-angot-929-975

L’inceste – Christine Angot
par Arno Mothra | mise en ligne le Jeudi 12 mars 2009



Si vous pensiez que la plus mauvaise littérature se résumait aux autobiographies (?) de Bigard, Doc Gynéco ou Patrick Sébastien, voici de quoi fausser votre jugement.

Qui a lu un ouvrage de Christine Angot ne peut pas se tromper sur le talent de la dame : si le sujet varie parfois de quelques lettres, le gouffre sans prestance reste le même (l’auteur ne sachant même pas, comme pour son chef-d’oeuvre Peau d’Ane, inventer correctement un résumé). Sans mises en forme (ni phrases, ni syntaxe, ni vocabulaire, ni même paragraphes), Christine Angot écrit, de son stylo-phallus rempli à l’étron, comme les plus illettrés communiqueraient entre eux à travers leurs blogs (« G mangé dé nioki ct pas bon, il fé frua g mi 1 pul lé zavion son ver. Jvé prendr 1 douch. Fo kje bèz c urgen. »). Pour L’Inceste, le concept d’écriture de Christine Angot aurait pu être intéressant s’il n’avait pas été médiocre, car la narratrice, névrosée hystérique, relate un court instant de sa vie en faisant le parallèle entre un tribadisme naissant et les relations incestueuses qu’elle entretenait avec son père durant son enfance. Sauf qu’un livre sans vraies phrases, c’est un peu comme un cd sans musique.

Exemples significatifs les moins salaces de la prose de l’auteur (ndlr : ce ne sont pas des dialogues) :

« Mon trésor, mon amour, mon or. Léonore. Ma Léonore, mon trésor. Mon trésor, mon or. Pas de Marie, pas de mariage, pas d’or. » (page 49)

« Ce n’est pas une question d’envie ou pas, c’est que je ne veux pas. » (page 139)

« Ca ne me fait pas bander ceux qui n’ont rien. Ceux qui n’ont pas de queue, moi, eh bien je trouve que ça manque. » (page 28)

« Mon or, mon amour, mon or. Lé-o-nor. Nonor, mon amour en or. » (page 87)

Puis enfin, point culminant de la poésie :

« Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore Léonore Léonore Léonore Marie-Christine Léonore Léonore Léonore Léonore. Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore. Léonore Marie-Christine. Marie-Christine Léonore. Mon petit amour ma petite chérie mon or mon trésor mon amour mon petit amour Marie-Christine Léonore Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore Léonore Marie-Christine Marie-Christine Léonore En accouchant je suis devenue homosexuelle en accouchant Léonore Marie-Christine Léonore Léonore Léonore Léonore-Christine faudra qu’on y aille dans ce restaurant A Copenhague Le Léonore-Christine Léonore Marie-Christine Léonore Léonore mon trésor (.) » (page 69)

Pas de doute, y a du Baudelaire là-dedans. Mais afin d’accentuer son ridicule, Christine Angot joue également avec l’inutile en citant dans le vague Freud et Françoise Dolto . Sauf qu’il ne sert à rien de péter en l’air lorsque l’oxygène a déserté. Cela dit, à la page 89, Christine Angot nous met en garde avec cet avertissement transcendant : « je ne suis pas Nietzsche. » On l’aurait remarqué par nous-mêmes, merci.

Bref, à l’heure où la conscience collective s’élève en masse vers les mesures écologiques, faites un geste pour les forêts, évitez-leur une mort atroce et inhumaine : boycottez Christine Angot . Viendra bien un jour où l’éthique et la déontologie renverront les éditeurs à ne plus publier une telle horreur. Définitivement consternant, risible et effarant.
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