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 Gilles Rozier : Un amour sans résistance

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Alinoé
Kukul L'Orangine des îles farouches
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Alinoé

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MessageSujet: Gilles Rozier : Un amour sans résistance   Gilles Rozier : Un amour sans résistance EmptyJeu 14 Avr 2005 - 14:33

Gilles Rozier Un amour sans résistance, Denoël (25 août 2003)
Extrait
"Où était-il passé depuis l'Armistice ? Renvoyé dans ses foyers, prisonnier en Allemagne ? J'avais souvent rêvé de lui. Nu, au garde-à-vous, serrant mes traductions entre ses mains à hauteur du pubis. Mes doigts parcouraient le creux de son épaule, son sein ferme comme la joue d'un cheval, son ventre, mon index tournait, tournait au bord du trou, mon doigt dans son nombril, mon ongle limé en pointe égratignait sa peau un peu grenue, la caresse allait se perdre du côté des hanches et des fesses. Le soldat restait au garde-à-vous, ordre du capitaine, malgré sa nudité et mes caresses, un léger trouble de la lèvre seulement, malgré la défaite et l'Occupation. C'était dans mes rêves. Je pensais ne plus le revoir et il était là, à cette heure où j'attendais des Roulieres, au milieu du couloir de la Gestapo".

- Présentation de l'éditeur -
À travers le portrait d'un personnage enseignant l'allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, et que l'amour pour un soldat juif vient bouleverser, le troisième roman de Gilles Rozier traverse une France sans résistance, livrée à l'Histoire et à une constellation de désirs entre héroïsme ambigu et passivité. Porté par une dramaturgie aiguë, subtile, il délimite un singulier périmètre érotique où s'aimantent à travers deux corps deux langues antagonistes aux explosives similitudes : le yiddish et l'allemand.

Ma présentation (je travaille pour vous quand même Very Happy )
Ce roman est intéressant car il est original dans sa façon d’aborder la seconde guerre mondiale. Le personnage principal (narrateur) n’est ni un héros, ni un collaborateur. Il subit la situation et tente de réfléchir à ce qu’il entend, la propagande, les nouvelles dans les journaux, les sermons du prêtre, et à le comparer à sa propre expérience. Il se fait une bibliothèque secrète par amour de la littérature allemande, car il ne supporte pas les autodafés des nazis. Il soustrait Hermann à la Gestapo car il désire ce jeune homme. Il tue l’officier allemand car celui-ci l’insupporte. Il n’y a pas d’idéologie derrière ses actes, ni une grande réflexion, ce sont plutôt des impulsions. Ce roman est intéressant par le style, la façon dont est racontée l’histoire et la contrainte que s’est imposé l’auteur.
Parfois le ton du récit peut paraître anachronique par rapport à l’époque de la seconde guerre mondiale. Je n’ai pas d’exemple précis en tête, si les termes parfois crus employés par le narrateur. Le ton du narrateur m’a fait penser à L’étranger d’Albert Camus. Le narrateur semble étranger au monde qui l’entoure, du moins il est décalé.

Si vous ne voulez pas connaître la contrainte que s'est imposé l'auteur ne pas lire le paragraphe blanc suivant (attention sur certains sites ils n'ont pas cette délicatesse) :
L’auteur s’est imposé une contrainte pour écrire ce roman : à aucun moment on ne peut savoir si le narrateur est un homme ou une femme. Pas d’accord du participe passé révélateur, pas d’adjectif qualificatif portant clairement la marque du féminin ou du masculin. Le conjoint s’appelle Claude, il lave ses sous-vêtements tous les soirs dans le lavabo, mais rien n’indique qu’il s’agisse de culotte ou slip, de soutien-gorge, de chaussettes ou de bas.

Ici je donne mon opinion sur la contrainte, à ne lire qu'après le paragraphe précédent et le livre :
Mon opinion et les maigres indices sur lesquelles elle se base :
Je vois le personnage principal plutôt comme une femme (à moins qu’il s’agisse d’un être asexué ou hermaphrodite, c’est la deuxième possibilité qui me vient à l’esprit, la troisième étant un homme). Pourquoi : elle enseigne dans un lycée de filles. Il y a les deux phrases suivante dans le roman : « j’étais comme une chienne de chasse qui entend une perdrix bruire dans les feuilles : elle tend l’oreille, relève le museau. Son oeil s’anime d’un appétit de Diane Chasseresse, sa truffe mouille » (au moment où elle va récupérer le livre en Yiddish). Pourquoi employer chienne et Diane, plutôt que chien et Orion ?
Dans un autre passage, s’agissant de ses rapports avec son époux Claude : « pourquoi ne pas avoir forcé mon refus, un viol conjugal par exemple, il paraît que c’est fréquent. » On a le préjugé de penser que les viols conjugaux sont plutôt le fait des hommes que des femmes.
Par ailleurs son attitude à l’égard de la sexualité de sa sœur est troublante : elle ne supporte pas de l’entendre jouir avec l’allemand, et ne comprend pas que sa sœur puisse être traumatisée par le viol collectif qu’elle subit à la libération, une fois tondue. Il y a une sorte de refus de la sexualité de sa sœur, qui peut se comprendre si elle est hermaphrodite, si elle est femme, cela correspondrait à une sorte de jalousie et le fait que sa sœur ne fait pas d’effort pour le cacher (les cris qui retentissent dans toute la maison), et si c’est un homme ce peut-être la négation de la sexualité de sa petite sœur.
Si c’est une femme, il peut paraître étrange qu’à l’époque son époux se serait plaint à ses propres parents que le mariage soit resté blanc.


ET ALORS LA COMBLE DE SPOIL, LE RESUME COMPLET DU LIVRE !
Le narrateur est une étrange personne qui ne s’intéresse qu’à la lecture, et plus précisément à la littérature allemande. La seconde guerre mondiale commence. L’armée française lui demande de traduire des documents allemands en français. Puis c’est l’occupation. Sa jeune sœur épouse un collaborateur qui se fera assassiné par la résistance française. Elle devient alors la maîtresse d’un SS et le narrateur ne supporte pas d’entendre les ébats amoureux de sa sœur avec ce nazi. Sa mère arrange le mariage du narrateur avec les parents de Claude connu comme élève lors de cours particuliers d’allemand. Pourquoi accepte-t-il de l’épouser ? Cela restera une énigme même une fois le livre fini. Toujours est-il que lors de la nuit de noce, le narrateur ne pense qu’à lire avant de s’endormir. Le mariage ne sera jamais consommé. Il n’y aura aucune intimité, aucun échange entre les époux tout le temps que durera le mariage. Claude finit par se suicider, sans aucune explication. Le narrateur ne comprendra jamais son geste, il n’éprouvera qu’un léger sentiment de culpabilité que plus tard. Seul Hermann jeune soldat juif arrivera à éveiller des sentiments chez le narrateur. Il continue à faire des traductions pour l’armée allemande cette fois et pour cela se rend une fois par semaine dans les locaux occupés par l’administration de l’occupant. Il croise les juifs qui se font arrêter par les allemands. Il évite de croiser leur regard. Mais un jour, il reconnaît Hermann et décide de le soustraire à la Gestapo. Il quitte le bâtiment avec Hermann et l’emmène chez lui pour le cacher dans la cave où il avait aménagé un cave secrète pour entreposer les ouvrages allemands interdits pas les nazis. Hermann est un juif polonais. Ils vont parler longuement de littérature et Hermann lui parle du yiddish, la langue des juifs des pays de l’est qui n’est pas de l’hébreu et qui ressemble à l’allemand. Le narrateur décide de récupérer un recueil de poésie d’un auteur allemand traduit en Yiddish qui appartient à Hermann et qui est caché dans la chambre où il habitait avant de s’être fait arrêter. Après maintes ruses, le narrateur entreprend de déchiffrer l’écriture et de d’apprendre par cœur un poème pour le réciter à Hermann. Hermann se moque de son accent. Le narrateur lui montre le livre et suivent alors des débats d’un érotisme torride. Ils s’aiment presque chaque nuit de façon charnelle et passionnée. Personne dans la maison est au courant qu’il y a un homme caché dans la cave.
Hélas, le narrateur finit par tellement détester l’amant de sa sœur qu’il le tue et l’enterre dans la partie de la cave où est caché Hermann. Hermann ne veut plus rester caché dans la cave et il quitte la maison habillé avec l’uniforme du SS. Avant d’atteindre l’endroit où le narrateur a caché des vêtements civils, il croise des résistants qui l’abattent à cause de l’uniforme.
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